Witry-Lès-Reims

 

 

 

 

 

L’origine la plus probable du nom de la commune (qui est la seule commune s’appelant Witry avec un W) est :

WITHARIUS, du nom d’un Franc qui possédait le domaine qui a donné naissance au village ("répertoire archéologique de l'arrondissement de Reims" paru en 1933).

Son terroir, d'une superficie de 1649 hectares, présente une faible dénivellation caractéristique de la plaine crayeuse de Champagne, passant de 92 mètres d'altitude à son extrémité Nord Ouest à 178 mètres au fort de Witry* où se situe le seul espace boisé de la commune. Avant la guerre de 1914 Witry est entouré de fossés. Des vignes sont cultivées autour du village (les maladies et le conflit de 1914-1918 anéantissent la vigne dont la culture est abandonnée sur le territoire de Witry). De nombreuses fermes ont des vaches laitières et d’autres se consacrent à la culture de céréales, luzerne et betteraves. Il reste encore trois moulins qui seront détruits dans la tourmente.

Witry compte 1243 habitants en 1911. On y trouve presque tous les corps de métiers, de nombreux commerces, une poste et son télégraphe, une gare, une étude notariale, une école, une bibliothèque qui possède 3000 volumes (lors de la guerre 14-18, les Allemands installés à la mairie, jettent tous les livres dehors), une usine automobile S.C.A.R. (Société de Construction Automobile de Reims) (la ligne de front passe à proximité de Witry-lès-Reims et l’usine est détruite par l’artillerie), une fabrique de cordes de paille, une compagnie de Sapeurs Pompiers volontaires, une musique municipale…

 

Les Allemands arrivent à Witry dans la nuit du 3 au 4 septembre 1914. Les maisons sont pillées, les jardins piétinés, les boutiques vidées. Les witryats ont faim et sont obligés de faire l’aumône ! Pour les Français, Witry est un nid d’Allemands. Une batterie de canons de 75 tire sur tout ce qui bouge, sur les travailleurs des champs, sur des enfants qui cueillent des cerises...

La guerre de 1914-1918 est un véritable désastre pour Witry. Le village et le fort militaire, construit après la guerre de 1870, sont occupés sans interruption par les Allemands jusqu'en octobre 1918 et tout est détruit. La population, qui était de 1243 habitants en 1911, n'en compte plus que 641 en septembre 1914. En décembre, le clocher de l’église Saint Symphorien est touché. Les Allemands l’achèvent à la dynamite. Les armées allemandes entrent dans Witry-Lès-Reims et y restent quatre ans.

A la fin de la guerre tout est à reconstruire. Ce sera l'œuvre de toute la population sous la responsabilité du Maire de l'époque, Gaston BUARD. Witry est alors cité en exemple d'énergie, de travail intelligent et opiniâtre apportés dans l'œuvre de la reconstruction.

La commune est citée à l’Ordre de la Nation le 1er octobre 1920 et reçoit alors la Croix de Guerre.

En 1918, le rapatriement des évacués commence très lentement ; il faut l’autorisation du préfet du département d’origine, mais un bon nombre d’entre eux rentre quand même. A la vue de Witry en ruines, ils éprouvent un choc : les façades démantelées sans porte ni fenêtre, les toits effondrés, les rues pleines de décombres…93% des immeubles ne sont plus qu’un tas de pierres. Dès l’été de 1919, les Witryats rentrent nombreux et la vie reprend assez vite son cours.

*Le fort de Witry est le plus grand fort de la ceinture défensive rémoise avec celui de Nogent-L’Abbesse.

 
 

Ce document est la transcription d’un journal de guerre retrouvé cette année (2014) dans un

grenier.

Ce cahier a été écrit en août 1914, suite à sa mobilisation, par Mr GUILLEMIN Henri (1877-1960),

né à Saint-Hilaire-le-Petit, industriel à Rethel, futur Maire de Rethel. Monsieur Guillemin est le fils de

Guillemin Clovis (1839-1924), ancien Maire de Saint Hilaire le Petit, et de Thiery Irma (1843-1911).

Mr Guillemin, Lieutenant au 5ème Régiment d’artillerie à pied territoriale, 11ème Batterie, est

détaché au Fort de Witry-lès-Reims pendant le mois d’août 1914.

 

INTRODUCTION

 

Ce journal de chaque jour rédigé à la demande des camarades rapporte chronologiquement les

faits journaliers de notre existence en commun.

Personne n’y est flatté et chacun peut y être en but aux plaisanteries de ses camarades sans

qu’aucun froissement ne puisse en résulter.

Quoi qu’il en soit dit, chacun conserve, pour tous ses supérieurs indistinctement, le plus profond

respect et le dévouement le plus absolu, pour ses égaux la plus saine camaraderie, pour ses

inférieurs la plus complète bienveillance.

Que chacun des nôtres, qui lira peut-être plus tard ce modeste journal, se souvienne de l’esprit

qui a présidé à sa rédaction pour en juger convenablement la teneur, et soit rempli d’indulgence

pour la médiocrité de la rédaction qui fut toujours faite au pied levé.

 

Vous pouvez consulter le document complet au format PDF en cliquant sur ce lien.

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