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Les batailles de champagne


Le théâtre des opérations en Champagne, de Reims à l'Argonne, est constitué par une vaste plaine crayeuse, sèche, formée d'ondulations qui portent des bois, à forme géométrique, de sapins rabougris. C'est la Champagne pouilleuse. Dans ces mornes étendues, quelques petits cours d'eau coulent les uns vers le nord-ouest : la Vesle, la Suippe, dans laquelle se jettent l'Ain et la Py; les autres, la Tourbe, la Dormoise, coulant vers l'est, descendent dans la vallée supérieure de l'Aisne que borde le massif boisé de l'Argonne. A l'ouest de la Suippe, la plaine est dominée par le massif de Nogent l'Abbesse, puis par un chapelet de hauteurs, les monts de Champagne, formant le massif de Moronvilliers. A l'est de la Suippe, la plaine mamelonnée, insensiblement, s'élève vers une crête nord-sud : la falaise de Champagne, festonnée sur son rebord oriental et qui descend rapidement dans la vallée de l'Aisne. Les rares villages, aux maisons basses en torchis, couvertes de toits plats en tuiles, se groupent au bord des petites rivières.

Pays pauvre avant la guerre, mais que la bataille a rendu, en bien des endroits, stérile ; les travaux d'organisations, les bombardements ont retourné, à la surface du sol, la couche crayeuse.

Par sa situation sur les grandes routes de l'est vers l'ouest, du nord vers le sud, la Champagne fut un champ de bataille prédestiné. C'est au nord de Châlons, au IIème siècle, que s'affrontèrent les Reimes, peuplade gauloise, et les cohortes romaines. Latinisés, les Gallos-Romains eurent à y arrêter les invasions barbares. En 451, les hordes d'Attila traversèrent la Champagne, elles y refluèrent après leur échec devant Orléans et c'est dans les plaines voisines de Châlons-sur-Marne que la tradition place les «Champs catalauniques » où l'armée du Fléau de Dieu fut taillée en pièces par les peuples de la Gaule: Francs, Burgondes, Wisigoths, unis aux légions romaines. Deux cents ans plus tard, la rivalité des rois de Neustrie et d'Austrasie provoqua de fréquents ravages entre Reims et Sainte-Menehould. A partir de la fin du IXème siècle, des puissantes familles se développèrent aux dépens de l'autorité royale ; les grands seigneurs ecclésiastiques et laïques se partagèrent la Champagne. Thibault IV, qui soutint la reine Blanche de Castille contre des barons révoltés, en fut le comte le plus célèbre. A l'avènement de Philippe le Bel, la Champagne fut réunie à la France. Au cours de la guerre de cent Ans, la province livrée aux Anglais par les Bourguignons fut délivrée par Jeanne d'Arc. De 1542 à 1544, les mercenaires de Charles Quint ravagèrent le pays. Sous les guerres de Religion, peu après, la région fut à nouveau le théâtre de nombreux pillages et meurtres. En 1792, c'est à l'extrémité de la plaine Champenoise que les volontaires de l'armée de Dumouriez et de Kellermann arrêtèrent l'invasion prussienne et sauvèrent la révolution française, à Valmy. En 1870, après la défaite de Sedan, les troupes prussiennes et allemandes tinrent garnison dans les principales villes champenoises. Le département de la Marne dut subir, pendant de longs mois, les réquisitions et les vexations des vainqueurs.

Extrait du guide illustré Michelin : Les batailles de Champagne

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