Saint-Souplet sur Py

 

 

 

 

 

Saint-Souplet sur Py avant la grande guerre.

- A la veille de la Grande guerre, la population de St -Souplet sur Py s’élevait à 381 habitants, répartis en 139 feux. L’économie locale n’avait pas vraiment de caractère industriel : se côtoyaient dans le village 6 tisseurs de lainages, 1 aubergiste, 1 notaire et son clerc, 1 menuisier, 2 charrons, des maréchaux ferrants, 2 fromagers, des meuniers, coquetiers, modistes et couturières, 1 curé, 1 coiffeur et 1 sage-femme.

 

L'invasion

- Saint Souplet sur Py est occupé aux tous premiers jours de septembre 1914 par les allemands (des saxons de la 3ème armée du Général VON HAUSEN), suite à la retraite stratégique de l’armée française. Le village ne subit pas de dégâts majeurs, mais une mise à sac en règle.

- Une partie de la population fuit devant l’envahisseur tandis que celle restée au village sera expulsée quelques jours plus tard vers Rethel. D’après le témoignage d’un ancien, les populations déplacées étaient logées chez l’habitant ou pour les moins chanceux, regroupés dans une usine appelée « Cayenne ». Tous souffrirent de la faim et durent s’endetter auprès de la ville de Rethel pour acheter du pain et de la nourriture.

 

Un nouveau village saxon.

- Défaites sur la Marne, les armées ennemies durent battre en retraite et s’installèrent durablement sur une ligne de positions naturelles favorables, constituée par les monts de Moronvillers, la crête de Navarin et les buttes de Souain et de Tahure.

- Situé à moins de 2 kms du front (ligne Aubérive - Epine de Vedregange – ferme de Navarin), Saint-Souplet sur Py fut occupé tout au long de la guerre principalement par des saxons, en particulier par ceux des régiments d’infanterie 104, 106 et 107, qui y avaient organisé leurs cantonnements. Les maisons servaient d’abris aux troupes au repos et à des états-majors jusqu’au niveau division pour les plus cossues d’entre-elles.

D’importance stratégique sur le plan logistique, des dépôts de vivres, de munitions et de matériels d’organisation du terrain s’y côtoyaient, leur ravitaillement rendu possible grâce à la présence de la voie ferrée et au renforcement et à l’élargissement de chemins en direction des Ardennes (la route des russes réalisée par des prisonniers de guerre de cette nationalité). De nombreuses sapes et boyaux de communication reliaient les réseaux de tranchées au village. La concentration en batteries d’artillerie y était également imposante. Enfin, sur le plan sanitaire, des postes de secours triaient les blessés, évacuaient les plus légers vers l’arrière, alors que deux hôpitaux de campagne (dont l’un au « terme des côtes ») traitaient sur place les plus gravement atteints ; un cimetière militaire et une chapelle y ont été réalisés.

 

L’offensive de septembre 1915

La puissante offensive française du 25 septembre 1915 eut un succès limité. Les secondes lignes allemandes ne purent être franchies, faute de préparation d’artillerie suffisante.

- En revanche, les obus de 155 français visant à désorganiser les arrières de l’ennemi, occasionnèrent d’importants dégâts au village. L’église fut en partie détruite et nombre de maisons furent transformées en ruines fumantes, rendant ainsi bien moins confortable le séjour de l’occupant.

- Extrait du souvenir de guerre du Soldat Laurent COUAPEL : «Nous étions du 106ème d’infanterie en renfort du 155ème. Nous montions en ligne pour la grande bataille de Champagne. Notre secteur était face à SAINT SOUPLET. Arrivés en première ligne, les 75 nous passaient au ras de la tête pour éclater à 100 mètres. Les 155 et les plus gros calibres passaient en miaulant pour aller pilonner l’arrière de l’ennemi. C’était un vacarme et un feu d’artifice inimaginables

 

La fin de la guerre

- Les positions ne seront alors plus modifiées de manière sensible jusqu’au 15 juillet 1918, suite à la victoire française décisive qui stoppa le « Friedensturm » (offensive pour la paix) lancé par les allemands.

- Les duels d’artillerie et les dernières destructions allemandes avant leur retraite, conférèrent au village un aspect lunaire.

- Les ruines de Saint Souplet sur Py ne retrouvèrent le calme et la sérénité qu’en octobre 1918, à l’issue de l’offensive de la IV Armée du Général GOURAUD qui emporta le Blanc Mont avec l’appui de divisions américaines.

- Une dizaine de jeunes hommes de Saint Souplet seront tombés au champ d’honneur au cours du premier conflit mondial.

 

La reconstruction

Le premier bâtiment à sortir de terre fut la boulangerie servant à alimenter la population revenue sur ses terres natales. S’en suivront de petites habitations provisoires (les baraques Adrian) destinés à abriter les habitants revenus progressivement au pays.

- Les maisons définitives, construites à partir des années vingt, se caractérisent par des façades constituées de pierres de pays ou pierres meulières avec des contours d’ouvertures en briques. Les bâtiments agricoles sont bâtis en parpaings de grèves. C’est ainsi que ce dessine la morphologie du village que l’on connait actuellement.

- La reconstruction a laissé aussi une trace particulière à Saint Souplet sur Py. La nef de l’église a été reconstruite dans le sens opposé à celui d’origine. Cette particularité unique en France a valu que cette église soit classée Architecture des bâtiments de France.

 

Ce qui est encore visible aujourd’hui

- En direction de l’Epine de Vedegrange (route de Saint-Hilaire le Grand, au niveau du pont sous la voie ferrée), un ensemble d’ouvrages d’un ancien camp régimentaire allemand « Kuchenschlucht », comprenant des abris bétonnés, une tourelle d’observation, des vestiges d’abris enterrés pour le logement de la troupe et des entrées de sapes;

- De nombreux blockhaus, dont un en plein centre du village, rue de la Davas ;

- Le monument aux morts ;

- L’église après reconstruction.

 

Résumé par Sandrine Philippot

 
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