PRUNAY

 

 

 

 

 

En venant de REIMS et passée la Côte de la Pompelle, haut lieu historique, on découvre la vallée de la Vesle. Comme blotti entre les bras que forment la RN 44 et la D31 (anciennes voies romaines), protégé au sud par la montagne de REIMS, limité au Nord par les Monts de Champagne et de Beine,... on peut apercevoir, bien à découvert, un clocher, ... groupé tout autour, un avenant village : c'est PRUNAY.

 

Aujourd’hui, la superficie de Prunay est de 1841 hectares (18.41 km2) avec une altitude minimum de 86 mètres et un maximum de 160 mètres.

Les 979 citoyens de Prunay sont nommés les Prunaysiens et les Prunaysiennes (recensement publié en 2012) avec une densite de 53,18 personnes par km2.

 

Avant 1914

En 1914, Prunay est un petit village d’environ 500 habitants (492 au recensement de 1911), avenant, pas très riche, mais qui reflète un état de santé florissant. Sa vocation est essentiellement agricole et maraîchère, avec néanmoins quelques artisans. Il possède son moulin, deux écoles (filles et garçons), pas moins de 4 ou 5 débits de boissons et un bureau de tabac-poste-télégraphe. Il est desservit depuis 1892 par la ligne de chemin de fer Reims-Chalons sur Marne. Le village est arrosé par la rivière : La vesle, et non loin, passe le canal de l’Aisne à la Marne (ouvrage datant de l’époque Napoléonienne).

 

Nombreux sont les habitants qui travaillent pour les grands domaines sis sur le terroir de Prunay : La ferme Rocourt, le domaine des Marquises qui a sa propre cité ouvrière ultra-moderne pour l’époque et l’immense propriété des Commelles et son Château jouxtant le territoire de Beine. Et le village abrite aussi de nombreux tisserands qui filent pour les filatures de Reims ou de Chalons sur Marne, à l’aide de métiers Jacquard installés dans leurs foyers.

A cette époque, il n’est pas rare que les laboureurs ou les bergers, en levant le nez, voient passer les premiers « faucheurs de marguerites » dans leurs drôles d’engins volants. Prunay en gardera une vocation aéronautique dans le siècle qui suivra.

 

Prunay et la guerre

En juillet 1914, arrive l’ordre de réquisition des chevaux qui se fait à Beaumont-sur-Vesle, les cultivateurs désorientés reviennent avec leslruines village 1915-16 2 brides et se demandent comment travailler. La question sera vite résolue.

Le 1er Août c’est la déclaration de guerre, le 2, la mobilisation générale. Les hommes doivent partir rejoindre leurs unités dès le 4 Août. Dès la fin Août, avec l’annonce de l’avancée ennemie, quelques habitants évacuent, mais le plus grand nombre demeure. Quand ils se décident à partir, ils se font dépasser par les troupes allemandes dont l’avancée est fulgurante et ne sera arrêtée que sur la Marne. Le 3 septembre, les habitants reviennent au village resté intact puisque les allemands ne s’y sont pas arrêtés.

Le 8 septembre 1914, les allemands réapparaissent mais dans l’autre sens. Ce sont des contingents appartenant au génie, inquiets désabusés, mais convenables avec la population. Le 10 septembre, leur succèdent la garde prussiennes. A part quelques réquisitions alimentaires, pas d’incident regrettable.

Les allemands ont décidé d’établir une ligne de défense sur les hauteurs au nord de Prunay. Les portes, les volets, tout ce qui est bois est enlevé et transporté aux lieux où ils ont décidé de s’installer pour arrêter l’avance française et malheureusement, ils réussiront et occuperont ces lignes pendant 4 ans. Ces préparatifs de défense terminés les allemands se retirent du village le 12 septembre et se replient sur ces lignes. Seules destructions avant leur départ, il font sauter le moulin qui pensaient-ils pouvait servir d’observatoire si près de leurs lignes et aussi le clocher de l’église.

Les allemands avant de se retirer de Prunay, ont barré avec des charrettes les accès du village et le pont de la vesle. Les troupes françaises après avoir forcé ces défenses, au prix de pertes sensibles, réoccupent le village le 13 septembre vers midi. La première victime de ce combat de reconquête sera probablement un chasseur à cheval envoyé en éclaireur qui tombera au pont de la Vesle accueilli par les feu des arrières gardes allemandes. Les autres éléments français appartiennent à la division coloniale (zouaves, tirailleurs, infanterie de marine).

 

Dès le village réoccupé, les bombardements allemands commencent, d’abord avec des canons de campagne, ensuite avec l’artillerie lourde. L’artillerie française établie en arrière du canal et de la Vesle, commence à riposter, mais faiblement, les munitions manquent. Les habitants s’abritent comme ils le peuvent. Les plus nombreux fuient se cacher dans les bois et les marais alentours. Le soir tout redevient calme, on peut rentrer, c’est encore le temps où on ne se bat que le jour. Mais le lendemain dès l’aube, c’est à nouveau l’enfer. Les marquises bergerie 2attaquants français s’efforceront en vain, en débordant le village par le nord, d’enlever les retranchements ennemis. Mais le front de guerre devait se stabiliser là et y demeurer jusqu’en Octobre 1918, avec des attaques et contre-attaques qui ne leur feront gagner ou perdre à chaque fois que quelques kilomètres, voir quelques centaines de mètres.Les soldats français sont accueillis avec joie. Ils logent chez l’habitant.

 

Les habitants de Prunay, dont plusieurs ont déjà été tués évacueront le village petit à petit à partir du 15 septembre, mais l’ordre d’évacuation complète ne sera donné que le 22 Octobre 1914. La plupart des habitants évacuent au plus près et se réfugient dans les villages de la montagne : Verzenay, Verzy, Mailly, Villers-Marmery, espérant que les combats seraient de courte durée et que l’on pourrait « redescendre » au pays.

Mais dès 1915, il faudra se résoudre à admettre que l’espoir d’un retour proche est inutile. Les localités de refuge sont à leur tour bombardées et il faudra s’en aller plus loin, dans le sud du département ou ceux voisins avec cette étiquette d’ »émigrés » qui ne les quittera qu’au retour en 1919.

Le fort de la Pompelle est tenu par les Français, la Rn 31 marque la ligne de front. Les villages en deçà de cette ligne sont français, tout ce qui est au-delà, est allemand. Cette guerre de position va durer 4 ans, les allemands fortifient et renforce cette forteresse naturelle que sont les monts de Champagne et en particulier le Mont Cornillet. Malgré de nombreuses attaques, il faudra un mois de siège du 17 au 20 Mai 1917 pour venir à bout de cette forteresse.

 
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