Moronvilliers

 

 

 

 

Moronvilliers était un petit village d’époque mérovingienne à 169m d’altitude entre la Vallée de la Suippe et la Vesle.

Il se situe à 7km de Pontfaverger.

C’était une localité agricole situé au pied d’un mont : « le Téton ».

Ce village était un village pauvre en champagne pouilleuse.

Il ne possède que 5 puits profonds de 60 à 70m et une mare qu’alimentent les eaux pluviales.

Le sol crayeux, coupé par des veines de terres rouges, convient au froment, à l’orge et à la luzerne.

Le territoire de 1 328 ha, contient 1 237 ha en terres labourables, 23ha en bois.

12 laboureurs, employant 14 charrues, y font 65ha de prés artificiels qu’ils cendrent.

On y cultivait du froment, de la luzerne et du seigle. On y trouvait aussi des carrières de pierre et de craie.

Les eaux pluviales y ont causé des pertes en 1867, la gelée en 1840 et la grêle en 1822 et 1838. (Renseignements tirés du Dictionnaire des communes de J.Chalette publié en 1845)

Le village compte 50 habitants en 1773, 30 habitants en l’an II, 60 habitants en 1806, 124 habitants en 1856, 83 habitants en 1905, 86 habitants en 1911.

Le passage du facteur a lieu à 8h du matin en hiver, à 7h en été.

Le maire est Paul BAZIN, l’adjoint Ernest RIBOURTOUT, le curé PATE, l’institutrice Melle LIEGEOIS.Il y a 27 maisons qui abritent 23 ménages.

Il y a 2 apiculteurs, 1 aubergiste, 6 agriculteurs, 1 fermier, 1 rentière.

Le budget communal s’élève à 2 613Fr. (Renseignements tirés de l’annuaire Matot-Braine 1905).

Juliette BAZIN la fille du bistrot de Moronvilliers raconte que sa mère lui interdisait de paraître devant les clients. Juliette BAZIN raconte aussi que les jours de lessive, elle partait avec sa mère et d’autres femmes du village pendant toute une semaine jusqu’à St Martin L’Heureux (où elles étaient hébergées) pour laver le linge dans la Suippe. Plus tard Juliette BAZIN épousera René GUERIN de Nauroy où elle ira habiter. (Renseignements donnés par Hélène KOSOWSKI-épouse Alain GUERIN, fils de Juliette BAZIN-GUERIN, demeurant à Selles).

 

L’archevêque de Reims possédait les bois de Moronvilliers, dont les dîmes appartenaient au commandeur, à l’abbaye de St Etienne et au curé. Le commandeur, qui avait droit de haute, moyenne et basse justice, en commun avec Mr Goujon de Thuisy, nommait à la cure de Moronvilliers. (Renseignements tirés du Dictionnaire des communes de J.Chalette publié en 1845).

 

L’église St Remi de Moronvilliers, du XIIe siècle, modernisée en 1828 et depuis, apparaît comme d’une mince valeur archéologique. Elle abrite une cloche de 1882, fondeur inconnu.

(Renseignements tirés du 102e volume de l’Académie de Reims en 1896-1897)

 

 

 

Pendant la guerre 1914-1918, comme tous les villages situés sur la ligne de front, Moronvilliers est vidé de ses habitants le 2 septembre 1914. Les troupes allemandes s’installent pendant 4 ans et transforment le village en place forte. Les Monts deviendront des bastions au milieu de la plaine champenoise face aux lignes françaises. Un important courrier destiné aux familles allemandes part de ce village où les habitants ne reviendront jamais.

Complètement détruit, Moronvilliers est englobé dans le terrain militaire qui subsiste actuellement.

 

Après la guerre une croix fut érigée qui sert de monument aux morts dans un virage dans l’ancien village au milieu d’un bois.

Quelques fermes y résidaient. Deux industriels qui avaient des filatures à Pontfaverger, Herlem et Legros GUIMBERT, possédaient également des fermes à Moronvilliers.

Le plus gros inconvénient du village c’était l’eau. Pour en avoir, il fallait aller aux quelques puits qui faisaient entre 60 à 70 mètres de profondeur. Pour les bêtes, il y avait un abreuvoir qui récupérait les eaux de pluie. Durant les années sèches (un dicton disait : Dans 3 années il y a, une bonne, une médiocre, une mauvaise.) il fallait aller puiser l’eau à la Suippe à 6 ou 7km de là.

On dit que les habitants étaient assez indifférents à la religion et qu’ils préféraient aller au cabaret. Mais il faut savoir qu’il n’y avait que deux ou trois messes par an compte-tenu que le curé venait de Saint Hilaire.

1914 : Guerre en Août

Le 2 Septembre, les allemands sont à Pontfaverger.

Moronvilliers est évacué et prit le 3 Septembre.

Quelques maisons brûlent ainsi que l’église.

Les allemands s’installent. Ils ont le même problème pour l’eau. Ils construisent une voie de chemin de fer et ravitaillent Moronvilliers et les environs avec des tonneaux tirés par des chevaux depuis la Suippe. Le front se stabilise sur les Monts de Champagne. La guerre des tranchées commence.

Le village et ces monts ne seront repris qu’en 1918. Déclaré zone rouge, il ne sera jamais reconstruit. Les habitants furent dispersés dans les villages environnants.

1950 : La majeure partie du territoire fut rattachée à Pont-Faverger et devient Pontfaverger-Moronvilliers.

1995 : Les noms des morts furent gravés sur le monument de Pontfaverger-Moronvilliers.

 

 

 

De Monique DURAND et Gabriel LHOTE

 
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